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"C'est l'imagination qui étend pour nous la mesure des possibles, et nourrit les désirs par l'espoir de les satisfaire" affirmait Jean-Jacques Rousseau.
A l’aube de 2010, que pourrions-nous imaginer de plus ambitieux et innovant que de voir la Principauté s’engager résolument dans la voie du télétravail ? Quelle solution plus moderne et en phase avec la volonté de préservation environnementale de S.A.S. le Prince Souverain pourrions-nous souhaiter si ce n’est la mise en œuvre à Monaco d’une nouvelle forme d’organisation et de réalisation du travail portée par les nouvelles technologies ?
La crise mondiale qui nous a frappés a changé la donne et atteste de l’irréversible et profonde mutation de notre modèle sociétal. Avec l’arrivée des nouveaux géants économiques chinois et brésiliens, dans un monde toujours plus globalisé et concurrentiel, une réflexion prospective sur l’avenir de la Principauté est devenue nécessaire. Car si le modèle monégasque, source de prospérité ces 50 dernières années, demeure une référence, il est désormais à bout de souffle.
Il s’agit donc de repenser et de réinventer un nouveau modèle économique, social et environnemental pérenne et attractif. Car c’est aujourd’hui que demain doit se bâtir et que nous devons imaginer les pôles d’activités complémentaires qui garantiront la prospérité de la place pour les prochaines décennies.
Malgré la crise, Monaco conserve un fort pouvoir d’attraction qu’il faut exploiter. Premier bassin d’emploi de la région, quelque 48 000 personnes viennent chaque jour y travailler. De part l’exiguïté de son territoire, le pays a franchi un cap décisif en termes de capacité d’accueil des salariés non-résidents. Voies de circulation asphyxiées, déplacements des individus et des biens congestionnés : les problèmes de transports impactent la qualité de vie et l’environnement et hypothèquent le développement futur du pays.
Pour y remédier, le télétravail pourrait être l’une des pistes à explorer. D’autant que ses potentialités sont multiples: gestion plus souple de l'emploi, diminution des déplacements domicile-travail contribuant à fluidifier le trafic, à réduire les émissions de Co2 et les frais de transports des salariés, gain d'espace et de temps, baisse des besoins en surfaces professionnelles et en consommation énergétique dans l'entreprise… Son introduction dans la législation monégasque via une nouvelle collaboration transfrontalière avec la France serait une réponse concrète aux problèmes de transports et aux préoccupations écologiques actuelles.
Notre action en faveur du télétravail ne date pas d’hier. En 2006, notre Chambre éditait un livre blanc sur la mobilité & la sécurité. Témoignages d’experts, informations technico-légales sur le télétravail et l’alliance du droit social et des I.T., cette publication analysait objectivement les conditions nécessaires au développement du télétravail à Monaco, les solutions de technologie mobiles disponibles, les aspects socio-juridiques et les risques sécuritaires à prendre en compte. Dans la même dynamique, en 2007, le Conseil Economique et Social émettait aussi le vœu que le Gouvernement Princier se dote d’une réglementation spécifique. Plus récemment, le livre blanc « MONACO 2029 » réalisé par le groupe de travail créé par le Conseil National pour envisager le futur de Monaco d’ici 20 ans, l’a inclus dans ses 55 propositions pour l’avenir.
Ce n’est donc pas un hasard si de nombreux Etats en ont déjà fait un enjeu majeur : 25% des actifs américains sont des télétravailleurs. En 2009, l'Union Européenne en comptait 10 millions, et 7% de la population active française. Souhaitons que Monaco se décide à faire de même. Le Bureau de la Chambre Monégasque des N.T. |